Yvan Blondin : un pilier de l’aviation royale canadienne

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Avion de chasse Le lieutenant-général Yvan Blondin est le commandant sortant de l’Aviation royale canadienne. Avant de quitter son poste, il nous résume en quelques mots sa brillante carrière qui n’a pas été de tout repos.

Ses débuts dans les Forces armées canadiennes

Yvan Blondin a intégré les Forces armées canadiennes en 1980 ce qui lui fait une longue carrière de 35 ans dans l’aviation. Six ans après son intégration, le Canada achète des avions de chasse CF-18 et l’homme est affecté à Bagotville pour en suivre l’instruction de conversion. Il a intégré le 433ème escadron qui venait d’être créé à cette époque pour travailler ensuite dans les deux escadrons de chasse de cette division. Au cours de sa carrière, l’homme affiche 3 000 heures de vol en Amérique du Nord et en Europe à bord de différents aéronefs des Forces armées canadiennes.

Une carrière évolutive

En 1980, Yvan Blondin n’était qu’un jeune pilote lorsqu’il a intégré les Forces armées. Au sein de cette organisation, il a mûri face aux problèmes et à l’aventure qui le menait de mission en mission. Il s’est frayé en chemin dans la hiérarchie et pour lui, cette évolution et les bagages qu’il a acquis dans l’armée le suivront n’importe où. Il explique que d’année en année, il a espéré que la situation mondiale s’améliorerait, mais en vain, l’insécurité ne cesse de grandir jour après jour. Il a clairement souligné que même son pays, où la sécurité règne, n’est pas à l’abri des conflits extérieurs.

L’aviation, la nouvelle solution des chefs de gouvernement

Pour Yvan Blondin, l’aviation a encore un long avenir devant elle puisque récemment, les chefs de gouvernement se tournent de plus en plus vers l’aviation au lieu d’envoyer des troupes terrestres dont la sécurité est précaire. Il souligne le fait que l’aviation royale canadienne est venue en support aux troupes terrestres en Afghanistan. Malgré cela, les troupes terrestres peuvent être facilement prises ce qui n’est pas le cas des avions de chasse qui peuvent se déployer rapidement et avec plus de précision. Selon le lieutenant-général Yvan Blondin, les gouvernements devraient également donner plus de précision en ce qui concerne les plans de campagne puisqu’il avoue qu’une fois lancé dans l’air, beaucoup de choses restent incontrôlables. Il souhaiterait alors que les objectifs à atteindre soient clairement mentionnés et que la mention d’une victoire ou pas soit claire. Malheureusement, ce n’est toujours le cas.

La situation de l’Irak

L’avis du lieutenant-général sur ce qui se passe en Irak est clair. Il pointe du doigt les membres de la Coalition internationale qui veulent arrêter l’inacceptable et trouver une solution en travaillant étroitement avec l’Irak. Selon lui, ce n’est pas la solution puisque pour régler les conflits, la solution doit venir de l’intérieur et non pas de l’extérieur. Il n’est donc pas surprenant si les problèmes persistent. Il reconnaît que l’extérieur souhaite la paix pour l’Irak, mais ce n’est pas en y envoyant des avions de chasse et tout un tas de technologie que les problèmes vont cesser. La meilleure chose à faire c’est qu’une personne sur le terrain, un Irakien, prenne les choses en main pour mettre fin définitivement aux conflits.

Son avis sur le NORAD

Les Canadiens et les Américains ont passé une entente pour assurer la protection de continent. Cette entente, baptisée NORAD, consiste à mettre en commun une partie de leurs forces pour lutter contre certaines attaques. Le lieutenant-commandant Yvan Blondin cite en exemple d’attaque contre laquelle le NORAD peut s’appliquer les récentes provocations aériennes réalisées par l’aviation russe, surtout que la Russie ne fait pas partie du territoire canadien. Le lieutenant-commandant sortant ne sait toutefois pas encore si les processus du NORAD peuvent s’appliquer, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont opérationnels. Le Canada s’apprête toutefois à renforcer les contrôles à opérer dans la zone aérienne de l’Arctique puisqu’à l’image de la Russie, cette zone est très appréciée pour faire des exercices militaires. Il s’attend alors à voir d’autres pays à s’y exercer comme la Chine.

77 avions au service de l’aviation royale canadienne

L’aviation royale canadienne compte actuellement 77 avions de chasse dont 25 sont affectés au 410ème escadron d’entraînement opérationnel à l’appui tactique. Le reste est réparti entre les quatre autres escadrons dont deux se situent à Cold Lake et deux à Bagotville.

Les CF-18

Pour Yvan Blondin, ces appareils sont de précieuses armes en temps utile. Il évoque par exemple que durant l’Opération IMPACT, ces avions se retrouvent dans une base éloignée au Koweït pour être à l’abri des opérations. Cela augmente le nombre d’heures de transit de l’avion soit leur durée de vie utile. Le lieutenant-général explique que pendant un entraînement réalisé au Canada, il vole près de 1,3 à 1,4 heure par avion. S’il doit voler du Koweït en Syrie, lieu des opérations, il vole en moyenne 4,5 à 5 heures de vol dont 3 à 3,5 heures de transit : 1 h 30 pour l’aller, 1 h 30 pour le retour et 1 h 30 pour la réalisation des opérations. En tout, les 77 CF-18 de l’aviation royale canadienne comptent 15 000 heures de vol par an dont 6 000 heures sont attribuées à l’opération IMPACT. Sur ces 6 000 heures, 4 000 sont des heures de transit donc 2 000 seulement sont réservées aux opérations.

Qu’en est-il du remplacement des CF-18 ?

Depuis peu, le gouvernement canadien évoque le remplacement des CF-18 par des appareils plus modernes. Pour Yvan Blondin, cela n’est pas nécessaire puisque les appareils actuels peuvent encore servir parfaitement jusqu’en 2025. Il reconnaît néanmoins que quelques améliorations sont à prévoir puisque certaines normes ont évoluées, mais que l’investissement devrait rester autour de ces améliorations, du moins jusqu’en 2025. D’ailleurs, des examinateurs sont venus à la conclusion que les CF-18 aujourd’hui utilisés sont de bons avions alors pourquoi prévoir leur remplacement prématuré ?

De quoi l’aviation royale canadienne a-t-elle besoin ?

Si ce n’est pas le remplacement des CF-18, de quoi l’armée royale canadienne a-t-elle besoin ? Le lieutenant-général Yvan Blondin liste ses exigences :

  • Un avion à quatre moteurs
  • Assez de carburant pour voler pendant six heures d’affilée, voire plus
  • Un avion à grande capacité, mais de taille minimale pour que l’ennemi ait du mal à le suivre
  • D’avions de recherches et de sauvetage

Toutes ces demandes, le gouvernement les a déjà entre ses mains, donc il ne tient plus qu’à lui de les étudier et de les réaliser selon les compromis qu’il jugera acceptables. Le lieutenant-général tient simplement à souligner que d’ici une trentaine d’années, ces requêtes pourront être vitales à l’aviation royale. Concernant par exemple les avions de recherches et de sauvetage que le lieutenant-général décrit comme un réel besoin, le gouvernement a déjà soumis les projets aux industries. Ces dernières devraient lui apporter une réponse d’ici au 28 septembre prochain et le gouvernement aura alors jusqu’en 2016 pour se décider et signer un contrat. Projets réalisés ou non, Yvan Blondin souligne que son rôle consiste à travailler avec les matériaux à sa disposition et son successeur devra également s’y plier.

Quelques projets déjà réalisés

Parmi les exigences de l’aviation royale canadienne, on peut citer le Cyclone qui a été jugé comme déjà existant. Il a toutefois été prouvé que l’appareil en question ne correspondait pas aux capacités attendues et que l’aviation a dû collaborer avec le constructeur pour que l’avion réponde aux attentes des aviateurs. Grâce à cette collaboration, six Cyclone ont été livrés au mois de juin dernier et qu’ils sont déjà opérationnels. Yvan Blondin est d’ailleurs ravi d’avoir assisté à leur livraison et d’avoir pu les tester avant que son mandat ne prenne fin. Selon lui, les hélicos livrés sont très performants en vol et mieux équipés que les modèles précédents.

Confiant en l’avenir

Maintenant qu’Yvan Blondin va quitter son poste, il reste confiant en l’avenir et c’est avec une certaine émotion qu’il tourne une dernière fois son regard vers le passé. Pour lui, les dix dernières années qu’il a passé dans l’aviation royale fut intense que ce soit en changements, en opérations ou encore en adaptation. Sous son mandat :

  • De nombreux escadrons plus flexibles, bien formés et plus petits ont été mis en place
  • Une escadre expéditionnaire est actuellement en cours de développement
  • L’aviation royale a une nouvelle identité avec un nouvel uniforme
  • De nombreux projets ont été réalisés tandis que d’autres sont en cours
  • La flotte s’est agrandit : drones, Chinook, cyclone, avions de chasse et avions de recherche et sauvetage
  • Le personnel est plus soudé que jamais

Bref, il part l’esprit tranquille et très fier de ce que l’aviation royale canadienne a pu réaliser durant toute sa carrière et plus précisément pendant les 10 dernières années. Il est d’autant plus confiant parce qu’avant de partir à la retraite, l’aviation canadienne a pu montrer au gouvernement ses besoins avec simulation à l’appui.

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