Confinement : Pourquoi les avions de chasse sont de sortie ?

 
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En cette période de confinement, vous vous installez tranquillement sur votre balcon, votre moment de détente ou de lecture est coupé par le bruit que l’avion de chasse fait en passant dans le ciel. Les Parisiens, les Lyonnais et les Bordelais peuvent faire cette remarque. D’ailleurs, il ne peut pas s’agir d’un avion d’une compagnie aérienne avec ces interdictions de sortie et de voyage.

Moins d’avions dans l’espace aérien de la France

Confinement : Pourquoi les avions de chasse sont de sortie ?

Depuis le début du confinement, le trafic aérien devrait être bien calme, mais ce n’est pas le cas dans l’espace aérien des grandes villes comme Paris, Bordeaux ou Lyon. La fréquence de départs et d’arrivées des avions de l’armée de l’air semble s’être multipliée. On se demande ce que ces pilotes de chasse surveillent et pourtant, tous les appareils des compagnies aériennes sont à terre. Le colonel Julien Sabéné, commandant du CNOA, Centre National des Opérations Aériennes dans le Mont Verdun confirme d’ailleurs que cette crise liée au coronavirus a fortement baissé l’activité aérienne en France, comme chez les autres pays voisins. Cependant, il souligne que le trafic cargo reste stable et il est même en légère hausse. Il dit qu’en temps normal, ses collaborateurs militaires se voient obligés d’utiliser des filtres pour détecter tel ou tel aéronef, car il y a près de 12 000 qui peuvent surcharger la carte de France. Aujourd’hui, on ne surveille qu’une seule carte sur les écrans géants de la salle de contrôle et on n’a pas besoin de filtres.

Alors que font ces avions de chasse ?

Les restrictions de déplacement expliquent que normalement dans nos ciels, il ne devrait pas vraiment y avoir beaucoup d’appareils, car ceux des compagnies aériennes sont bien à terre. On ne va pas non plus mentir que les avions de chasse qui sont censé être en alerte 24 heures sur 24 pour une interception d’un éventuel intrus n’ont pas de vraiment de travail. Ces appareils-là sont répartis un peu partout en France et quittent la base en moins de 10 minutes. Dans les airs, il y a tout de même des petits avions et des hélicoptères qu’il faut surveiller et la surveillance est même encore plus stricte.

En cette période de crise, lorsqu’un aéronef suspect entre dans l’espace aérien français, les enquêtes immédiates se voient doublés, voire triplées sur la période du 18 mars au 23 avril, si on se réfère au nombre d’enquêtes de l’année dernière. Ceci implique forcément un nombre conséquent des décollages des avions de chasse. Sur cette même période, on avait pour l’année dernière 65 décollages et cette année, 121 décollages. Même si les avions de chasse partent pour ces enquêtes, les hélicoptères de la permanence opérationnelle ne chôment pas. Elles s’envolent quand même pour intercepter des appareils lents.

Pour l’armée de l’air, il n’y a d’ailleurs pas de confinement et elle explique qu’en cette période, il faut redoubler de vigilance. Sa mission ne se limite pas à la surveillance des appareils dans l’espace aérien de la France. Elle doit aussi s’activer pour empêcher tout acte terroriste ou activiste avec volonté malveillante.

Plus de travail pour l’armée de l’air

Avec le confinement, on a aussi compris qu’il n’y a pas que les appareils des compagnies aériennes qui sont à terre. Ceux des structures oeuvrant dans les loisirs et le tourisme le sont aussi, mais au fil de l’évolution de ce confinement, certains d’entre eux bénéficient de quelques exceptions. Les avions de tourisme peuvent par exemple sortir pour l’entretien et les hélicoptères qui prennent des photos peuvent aussi s’envoler. En temps normal, l’armée de l’air ne se souciera pas vraiment de ces appareils tant qu’ils volent dans les espaces autorisées et qu’ils ne s’aventurent pas trop près des centrales nucléaires ou des bases militaires. Aujourd’hui, l’armée de l’air est obligée de courir derrière eux pour vérifier qu’ils ont bien une autorisation de vol.

Pour cette vérification, l’armée de l’air n’envoie pas toujours un Rafale ou un Mirage 2000. Les enquêtes immédiates, qu’elle nomme dans leur jargon « les levées de doute », se font sur l’analyse des plans de vol déposés ou par contact des tours de contrôle qui eux travaillent aussi. Les militaires de l’air pour ces enquêtes collaborent aussi avec la gendarmerie des transports aériens qui eux peuvent se déplacer au point d’atterrissage de l’appareil et pour la plupart des cas, c’est elle qui contrôle l’autorisation ainsi que le pilote et les passagers après l’atterrissage.

Si le doute n’est pas levé, c’est là que les avions de chasse interviennent pour une vérification sur place. C’était le cas le jeudi 23 avril dernier, lorsqu’un aéronef a utilisé dans l’après-midi un code transpondeur octroyé pour la matinée. Sans attendre, l’armée de l’air a envoyé un hélicoptère militaire pour une vérification des autorisations.

Les avions de chasse dans l’espace aérien des grandes villes

Pour l’armée de l’air, ce confinement, plus précisément cette réduction du trafic aérien, est une belle occasion pour faire des entraînements qu’on ne peut pas vraiment faire en temps normal. D’après les explications du colonel Julien Sabéné, ce sont les pilotes de police du ciel qui s’entraînent. Ils se perfectionnent sur les manœuvres d’accompagnement d’avions en détresse vers les grands aéroports, notamment ceux des grandes villes comme Paris, Bordeaux et Lyon.

 

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