La mare à Goriaux, le cimetière d’un avion de guerre allemand

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C’est en plein cœur de la forêt de Raismes-Saint-Amand que se trouve la réserve naturelle pour la protection des oiseaux abritant la mare de Goriaux. C’est dans cette énorme flaque d’eau qu’a plongé un avion de guerre allemand pris aux russes de la marque Tupolev ANT-40 pendant la période de la Seconde guerre mondiale.

 Tupolev ANT-40 (ou SB) au musée de l'air de Monino.

Tupolev ANT-40 (ou SB) au musée de l’air de Monino.

Selon l’unique exemplaire encore existant aujourd’hui de l’engin, conservé au musée de Monino à Moscou, l’avion ANT-40 fait 21 m d’envergure pour une longueur de 19 m. Sans bagage quelconque, il pèse quatre tonnes. Selon les analystes de la situation, l’avion aurait été trop lent compte tenue de l’avancée technologique de l’aviation à ce moment aussi bien en rapidité qu’en forme, cet appareil était déja dépassé. D’après un habitant de la ville de la mare de Goriaux, c’est sans doute ce qui a causé son crash dans le plan d’eau et qui a provoqué son « arrêt de jeu » en tant qu’avion de guerre. Plus tard, ses quelques 1000 exemplaires n’ont plus été utilisés que dans les écoles d’aviation.

Sans doute dans le but de remettre sur pied – ou plutôt dans les airs- le fameux avion oublié de la mare de Goriaux, Michel a pu obtenir les notices de montage du fameux engin. Et pour cause, il est dans l’espoir de trouver chacune de ses composantes puisqu’il sait que la carcasse de l’ANT-40 craché se trouve au fond de la mare. Etant déjà âgée de plus de 70 ans, il a fort espoir que la carcasse en question soit restée en bonne état car l’eau dans laquelle elle a été conservée est de l’eau douce. Pendant des années les habitants des environs ont longtemps vu la queue de l’appareil marquée de la croix gammée qui dépassait, mais le niveau de la marre a augmenté..

La zone d’exercice de Prouvy

L’association qui s’occupe des recherches pour retrouver l’avion perdu s’appelle les Hélices oubliées du Hainaut. Ses membres ont gardé l’espoir de pouvoir trouver le reste de l’avion puisqu’ils ont déjà, aujourd’hui, en leur possession une pale d’hélice découverte par un particulier du côté de Hasnon, repêchée près de la mare. Sur la pale, le numéro de série encore bien visible a démontré qu’il s’agissait bien d’un Tupolev ANT-40, conclusion d’un historien de l’aéronautique. Les chercheurs se sont donc posés la question du pourquoi de la chose retrouvée dans la mare. L’histoire, elle-même l’explique, car dans un livre de 1970, les habitants de la région disent avoir aperçu à plusieurs reprises des bombardiers allemands en exercice au-dessus du plan d’eau) proximité de l’aérodrome de Prouvy, une ancienne base de Luftwaffe. La mare aurait peut-être alors représenté une situation d’exercice pour le bombardement en piqué. Le mystère règne sur l’origine de cet appareil vient-il de Tchékoslovaquie a t-il été pris à l’état français comme prise de guerre .
Quoi qu’il en soit, les plans pour la récupération de l’épave au fond de la mare de Goriaux sont déjà prêts. L’association commencera par une période de plongée qui permettra de localiser précisément la position de l’engin puis suivie par le repêchage de la carcasse prévue pour la morte-saison des oiseaux nicheurs de 2015. Les chercheurs utiliseront un système de flotteurs immergés pour extraire l’avion puis il sera pompé à vide. Une fois sortie de l’eau, il sera minutieusement séché avant d’être placé dans un tunnel de chauffage. L’opération se terminera par la restauration de l’avion. Afin de réaliser l’opération, les membres de l’association demandent la coopération des habitants de la ville, mais aussi des oiseaux.

Une situation pour le moins inhabituelle

La réalisation de l’opération devra suivre plusieurs exigences à savoir celles que présentera sûrement l’Office national des forêts, le plan d’eau étant une réserve protégée en plus de se trouver dans une zone de promenade. L’espace de 145 hectares est également une réserve biologique fragile, une fragilité accentuée par l’affaissement minier de la mare.

Cet affaissement minier provoque la dégradation des roselières, lieu de niche pour plusieurs espèces protégées d’oiseaux comme le balbuzard pêcheur ou la bécassine des marais. C’est pour cela que les chercheurs devront prendre leurs précautions afin de ne pas déranger la faune qui s’y trouve, ce qui a limité la durée des recherches à seulement trois jours grand maximum même si le site de recherche se localise à plusieurs mètres des roselières. Toutefois, l’association ainsi que l’Office national demandent aux curieux le même respect vis-à-vis de la population d’oiseaux qui s’y trouve.

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