Charles Nungesser : de soldat à aviateur

Les pilotes et les aviateurs|

Charles Nungesser est aujourd’hui encore considéré comme un as de l’aviation française et un héros de guerre. Son habilité, son courage et sa bravoure l’a hissé au grade de lieutenant et s’il n’avait pas disparu au-dessus de l’Atlantique, il aurait accédé à d’autres postes.

Son enfance

Charles Eugène Jules Marie Nungesser est né le 15 mars 1892 à Paris, puis grandit dans la ville natale de sa mère, à Valenciennes. Il a étudié à l’école nationale professionnelle d’Armentières, aujourd’hui devenue lycée Gustave-Eiffel qui a érigé une plaque en son honneur. Alors qu’il avait 15 ans, le jeune homme part pour l’Amérique du sud où il exercera différents métiers : boxeur, cow-boy et même pilote de course automobile. C’est à cette époque qu’il s’est découvert une passion pour l’aviation et le pilotage.

Un héros de guerre

Peu avant la guerre, il rentre en France et s’engage au 2ème régiment de hussards. En seulement dix jours de combat, il obtient la médaille militaire et n’a jamais hésité à risquer sa vie pour son pays. Il est même arrivé à passer seul les lignes ennemies, à capturer une automobile Mors, à tuer les quatre officiers prussiens qui le conduisaient et à ramener le véhicule au quartier-général de sa division avec les plans de l’ennemi. C’est grâce à cet exploit qu’il fut surnommé « le hussard de la Mors » et obtient l’autorisation pour passer dans l’aviation.

 Charles Nungesser

Sa carrière à Dunkerque

Charles Nungesser est envoyé à l’école militaire de pilotage d’Avord à l’issue de laquelle, il obtient un brevet de pilotage. Il intègre ensuite l’escadrille VB 106 à Dunkerque et se retrouve à piloter un bombardier Voisin III avec lequel il mène 53 missions de bombardement et fait la chasse des avions ennemis. Le 30 juillet 1915, il abat un Albatros allemand durant un vol d’essai et décroche la croix de Guerre ainsi qu’une affectation dans l’escadrille de chasse N 65, à Nancy. Très vite, il s’affiche comme un pilote indiscipliné qui adore prendre des risques inutiles. Il est sanctionné à plusieurs reprises pour cela, mais grâce à ses exploits, on lui pardonner toujours ses fautes. Lorsqu’il a abattu un biplace Albatros le 28 novembre 1915, sa sanction a été levée.

1916 : 21 victoires

Au mois de février 1916, Charles Nungesser se blesse grièvement dans un accident d’avion, toutefois, dès le 28 mars, il demande à retourner dans son escadrille et ce, même si ses collègues ont dû le porter pour le placer ou l’extraire de son avion. Il participa ainsi à la bataille de Verdun jusqu’en juillet 1916 avec deux victoires à son palmarès.

Le 24 avril 1916, il obtient le titre d’« As des as » soit le meilleur pilote en combat aérien en France.

Durant le front de la Somme, il a fait peindre pour la première fois son insigne perso sur l’avion qu’il conduisait, un Nieuport 17. L’insigne représentait un cœur noir dan lequel se situe une tête de mort aux tibias entrecroisés et surmonté d’un cercueil aux extrémités duquel se trouvent deux chandeliers. Avec cet avion, il remporte neuf autres victoires homologuées sur la Somme ce qui lui fait 21 victoires pendant l’année 1916.

Hospitalisé de nouveau

Suite à son accident de février et les nombreux combats qu’il a dû affronter, Charles Nungesser est ré-hospitalisé et n’aurait pu en sortir s’il n’avait pas accepté de passer un marché avec les médecins et l’état-major : se faire examiner à l’hôpital après chaque vol.

1917 : neuf nouvelles victoires

Puisqu’il doit retourner régulièrement à l’hôpital, Charles Nungesser est muté à l’escadrille VB 116 en mai 1917. Dans cette division, il remporta neuf nouvelles victoires durant l’année en cours. Lorsque les médecins ont vu une amélioration de son état de santé, il retourne à la N 65, mais peu de temps après, lui et don fidèle mécanicien, Roger Pochon furent victimes d’un accident de voiture grave. Le mécanicien qui était au volant y a perdu la vie tandis que le pilote est hospitalisé avec de lourds handicaps. Malgré cela, il continue d’exceller dans son métier d’aviateur, même si deux autres pilotes l’ont dépassé en nombre de victoires.

43ème victoire et la dernière

En août 1918, Charles Nungesser abat de nombreux Drachens et remporta sa 43ème victoire homologuée. Ce fut également la dernière.

L’après-guerre

Lorsque la guerre prit fin, Charles Nungesser s’oriente vers d’autres activités sans s’éloigner de l’aviation. Il ouvre une école de pilotage à Orly, mais l’établissement fit faillite rapidement. Il réalisa de nombreuses représentations aux USA pour reconstituer ses combats. Il participa à de nombreux raids et c’est ainsi qu’il a eu l’idée de réaliser la traversée de l’Atlantique, New York-Paris. Il faut savoir qu’à cette époque, le prix Orteig qui offrait 25 000 dollars au vainqueur, consistait à rallier les deux villes.

1927 : année de sa disparition

En 1927, Charles Nungesser et son ami François Coli, décidèrent de relever le défi sans même s’inscrire pour le prix Orteig. Ils décollèrent de l’aéroport du Bourget le 8 mai 1927, à bord de L’Oiseau Blanc qui portait l’insigne de Nungesser. Les deux pilotes n’arrivèrent jamais à destination … Leurs corps n’ont jamais été retrouvés, pas plus que l’épave de l’avion ce qui maintient tout le mystère autour de leur disparition.

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