Airbus dévoile ses priorités pour 2017

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C’est dans un communiqué très sobre qu’Airbus a dévoilé le bilan de son année 2016 et a fait part de ses priorités pour 2017. C’est sur leurs claviers que Tom Enders, le patron du groupe, Harald Wilhelm, le directeur financier et Fabrice Brégier, patron de la branche aviation commerciale ont fait leur annonce.

Le bilan en chiffres

En 2016, Airbus a vu son chiffre d’affaires grimpé à 67 milliards d’euros contre 64 milliards d’euros en 2015.

Malgré cette hausse, ses bénéfices ont chuté passant de 2, 7 milliards d’euros en 2015 contre 995 millions d’euros en 2016. Il y a donc eu une baisse de 63 % et pour cause : la charge de 2,2 milliards d’euros que lui coûte son A400M.

Du côté de son carnet de commandes, l’avionneur reste dans le vert puisque si en 2015, il a enregistré 1006 milliards d’euros, en 2016, ce chiffre a monté à 1060 milliards d’euros.

Malgré ce succès commercial, Airbus a revu ses priorités pour faire de 2017 une année encore plus productive.

Ses grands défis de 2017

Parmi ses priorités, Airbus a cité :

  • Son A400M qui ne cesse de lui faire des siennes :

Avion militaire d'Airbus : A400M

Cet avion militaire pose effectivement des tracas à l’avionneur, mais il reste positif. Tom Enders a d’ailleurs déclaré que ce modèle sera sa priorité cette année et pour ce faire, il compte retrouver la confiance de ses clients. Certes, de 2015 à 2016, le nombre de commandes est passé de 11exemplaires à 15, mais la situation critique de son boîtier de retransmission du moteur pose encore problème. Airbus a toutefois promis de trouver une solution intermédiaire pour que cet avion militaire multifonctions puisse enfin entrer en service et surtout, pour réduire les pénalités qu’il lui faudra payer face aux retards de livraison. Des pertes qui auront des répercussions sur ses activités de 2017 et 2018, mais qu’il doit toutefois assumer.

  • Son A380 dont les coûts doivent être revus à la baisse :

A380 figure dans les priorités 2017 d'Airbus

Depuis son lancement, Airbus produit 2, 5 A380 par mois. Une cadence qu’il doit réduire à un seul modèle par mois puisque, semble-t-il, le marché de l’avion civil, n’est pas encore prêt à accueillir cet avion. L’A380 est un très gros porteur qui n’a été livré qu’en 28 exemplaires en 2016. Si les patrons du groupe restent sûrs qu’il s’agit-là d’un programme prometteur, ils reconnaissent que sa fabrication est venue trop tôt. D’ici 10 ans toutefois, la demande de ce modèle décuplera pour faire face à la hausse du trafic aérien. D’ici là, il lui faudra réduire la voilure pour faire en sorte que cet appareil lui soit rentable. Et pour convaincre les compagnies, Airbus est prêt à différentes concessions même s’il lui faut reconfigurer les aménagements intérieurs.

  • La cadence de production à augmenter :

Pour honorer les 6 874 avions commerciaux en commande, Airbus doit accroître sa cadence de production (sauf pour l’A380). Pour ce faire, il devra booster la fabrication de l’A320, garantir le passage de témoin progressif de l’A320ceo vers l’A320neo et augmenter la production de l’A350.

Malgré le problème de motorisation de ses A320neo et le retard de livraison que cela a engendré, Airbus pense qu’il pourra fabriquer trois fois plus de ce modèle par rapport à 2016.

En ce qui concerne l’A350, l’avionneur compte atteindre 10 exemplaires par mois d’ici 2018, mais avant cela, il lui faudra trouver une solution pour réduire les coûts tout en augmentant l’ cadence.

  • La transformation digitale à maintenir :

Tom Enders ne jure plus que par la transformation digitale pour réduire les coûts de production et pour repenser entièrement son entreprise. C’est pour cela qu’il a nommé Paul Eremenko au poste de directeur des technologies en juin 2016. L’homme a auparavant occupé le poste de chef du centre californien de R&D A3 d’Airbus et a aussi travaillé pour Google. Une expérience qui lui permettra d’instaurer la culture numérique au sein d’une entreprise majoritairement composée d’ingénieurs et de techniciens aéronautiques.

  • Le groupe à restructurer :

La présentation de ce bilan 2016 fait suite au départ de Marwan Lahoud, directeur de la stratégie de l’avionneur, qui a terminé son mandat au comité exécutif. L’homme a travaillé pour Airbus depuis 20 ans et son départ a suscité quelques interrogations surtout que cela survient un an après le départ de Jean Botti, directeur général délégué technologie et innovation d’Airbus. Officiellement, Airbus a évoqué la fin de son mandat ainsi que l’achèvement de la transformation du groupe en entreprise normale comme raisons de ce départ. Il a effectivement déclaré que l’homme a terminé la mise en place de la réorganisation Gemini qui a pour objectif de simplifier l’organisation du groupe qui compte de nombreuses entreprises de nationalités différentes implantées à travers le monde.

Quelles que soient les réelles raisons qui ont poussé l’homme à quitter le groupe, Tom Enders semble décidé à restructurer son entreprise et pour lui, cela doit passer par la fermeture du site de Suresnes en Hauts-de-Seine et par la suppression de 1 164 postes. Une nouvelle qui ne doit pas réjouir ses salariés.

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